LiFe oVeR
C'est une petite teuf nichée au fin fond de la cambrousse, un soir de d'été. Steph est assis à l'arrière d'un cametar. Ils sont cinq, posés dans le caisson du vieux Mercedes. Leurs noms, Steph doit les connaître, c'est sûr s'il se concentre il arrivera à les retrouver, mais à quoi bon ? Il y réfléchira si la situation l'exige.
Trois boîtes sur cinq... On fera avec.
Steph ne pense à rien, il ne pense qu'à elle. Il pourrait être n'importe où ailleur, ça pourrait être un autre moment de la journée, de la nuit, peu importe la saison, il n'y a que deux réalités tangibles désormais : quand elle est là, et quand il l'attend. Ce soir elle les accompagne, elle les dorlote.
Déjà deux en ont fini, bien calés sur leur siège ; têtes renversées, bouches ouvertes... La petite garce mesquine a fait son boulot, elle et son côté salope qui vous entraîne de plus en plus loin jusqu'à vous laisser tomber. Après, on est obligé de lui faire l'aumône, de se mettre à ses pieds. Nourrir le "singe" comme dirait Bill. C'est l'amour sans possibilité de divorce. De l'amour exclusif, avec camisole. Si bonne ! Si vie, si injuste... Une femme qui vous rêve sur demande... On est comme des amants qui se cachent : encaisser des jours d'angoisses pour quelques heures d'extase... Nuits de peur, sueurs froides, abîme intérieur, état chiasseux en général... Soulagement, lucidité, réconfort, merveilleuse chaleur...
"Steph" lui dit l'autre mollement en faisant signe du menton dans sa direction. Son tour. Il verse, mélange, chauffe, touille, aspire - vu l'état des autres, elle ne doit pas être mauvaise - perce, expulse.
Il y a comme une vague qui part de ses tripes jusqu'à son cerveau.
Une vague bouillonnante.
Dans ses veines galope une monstrueuse puissance. Elle détale en renversant tout sur son passage, haletante, brûante, la bouche ouverte pour mieux respirerl'énergie. Steph en a le souffle coupé. Son corps tombe en arrière à l'infini tandis que sa main éclot sur la table et que son bras mordu se détache de son épaule.
La cavalcade atomique chamboule toujours plus ses entrailles, il en a le vertige à force de monter, avec la sourde impression d'être ligoté à une fusée vrombissante qui s'arrache sans détour de la gravité... Son coeur bientôt est submergé, noyé par la vague, paralysé...
A l'orée de la nuit, deux silhouettes tirent un corps inerte hors d'un cametar, péniblement. Ils se taisent et détournent la tête et marchent à petits pas en emmenant le cadavre jusqu'au ravin.
Un ravin même pas très profond, un grand trou plutôt, juste assez discret! La lune éclaire faiblement. Quelques coups d'oeil dans la cambrousse alentour pour s'assurer que personne ne voit...
C'est bon, un mouvement sec et synchronisé du bassin et de sbras, à la une, à la deux, à la trois. Et voilà.
Trois boîtes sur cinq... On fera avec.
Steph ne pense à rien, il ne pense qu'à elle. Il pourrait être n'importe où ailleur, ça pourrait être un autre moment de la journée, de la nuit, peu importe la saison, il n'y a que deux réalités tangibles désormais : quand elle est là, et quand il l'attend. Ce soir elle les accompagne, elle les dorlote.
Déjà deux en ont fini, bien calés sur leur siège ; têtes renversées, bouches ouvertes... La petite garce mesquine a fait son boulot, elle et son côté salope qui vous entraîne de plus en plus loin jusqu'à vous laisser tomber. Après, on est obligé de lui faire l'aumône, de se mettre à ses pieds. Nourrir le "singe" comme dirait Bill. C'est l'amour sans possibilité de divorce. De l'amour exclusif, avec camisole. Si bonne ! Si vie, si injuste... Une femme qui vous rêve sur demande... On est comme des amants qui se cachent : encaisser des jours d'angoisses pour quelques heures d'extase... Nuits de peur, sueurs froides, abîme intérieur, état chiasseux en général... Soulagement, lucidité, réconfort, merveilleuse chaleur...
"Steph" lui dit l'autre mollement en faisant signe du menton dans sa direction. Son tour. Il verse, mélange, chauffe, touille, aspire - vu l'état des autres, elle ne doit pas être mauvaise - perce, expulse.
Il y a comme une vague qui part de ses tripes jusqu'à son cerveau.
Une vague bouillonnante.
Dans ses veines galope une monstrueuse puissance. Elle détale en renversant tout sur son passage, haletante, brûante, la bouche ouverte pour mieux respirerl'énergie. Steph en a le souffle coupé. Son corps tombe en arrière à l'infini tandis que sa main éclot sur la table et que son bras mordu se détache de son épaule.
La cavalcade atomique chamboule toujours plus ses entrailles, il en a le vertige à force de monter, avec la sourde impression d'être ligoté à une fusée vrombissante qui s'arrache sans détour de la gravité... Son coeur bientôt est submergé, noyé par la vague, paralysé...
A l'orée de la nuit, deux silhouettes tirent un corps inerte hors d'un cametar, péniblement. Ils se taisent et détournent la tête et marchent à petits pas en emmenant le cadavre jusqu'au ravin.
Un ravin même pas très profond, un grand trou plutôt, juste assez discret! La lune éclaire faiblement. Quelques coups d'oeil dans la cambrousse alentour pour s'assurer que personne ne voit...
C'est bon, un mouvement sec et synchronisé du bassin et de sbras, à la une, à la deux, à la trois. Et voilà.
PiX : NeL (aucun rapport avec le texte)




